Quelques semaines après le lancement de la version française de Twitter, L’Atelier, la cellule de veille technologique de BNP Paribas, et la start-up faberNovel, spécialisée dans la conception et la concrétisation de projets innovants, ont fait le point sur le phénomène Twitter en France.
Lancé en 2006 aux Etats-Unis, le service de micro-blogging a su miser sur une interface “simple et élégante pour devenir le SMS de l’ère Internet”, souligne Renaud Edouard-Barraud, responsable éditorial de L’Atelier, avec son obligation pour l’utilisateur de respecter une longueur maximal de 140 caractère par message, baptisé “tweet” (”gazouillis”).
Selon un sondage IFOP pour L’Atelier réalisé auprès de 1 025 internautes, si Twitter devient un phénomène de plus en plus remarqué sur Internet, il peine malgré tout à se constituer une base très élargie d’utilisateurs.
L’étude IFOP estime ainsi que, si le site de micro-blogging est connu par 60% des internautes interrogés, seulement 9% l’utilise activement comme moyen de communication.
Aujourd’hui, 90% du contenu sur le service est produit par 10% des utilisateurs.
“Twitter recouvre plusieurs usages. 50% de ceux qui y ont recours, particuliers comme professionnels, recherchent des informations et en font un vrai média personnel, 14% s’en servent pour créer un réseau d’experts et 13% comme un outil marketing et de publicité”, explique Philippe Torres, directeur des études et du conseil de L’Atelier.
Un outil encore mal apprivoisé par les entreprises
En outre, les entreprises semblent encore avoir du mal à dompter cet outil 2.0. A titre d’exemple, les marques et entreprises du Fortune 100 n’arrivent pas à s’implanter et à fédérer un nombre important de “followers” (internautes qui suivent les tweets d’un profil). “Twitter ne concerne encore qu’une minorité d’experts, d’entreprises et d’institutions”, souligne Philippe Torres.
Le site de micro-blogging pourrait se diviser en trois centres d’intérêts pour les internautes : un outil d’agrégation en temps réel de contenus, un outil de benchmark (”strategic intelligence”) et un vecteur de potins de stars.
Ainsi, les profils Twitter qui fédèrent le plus de followers sont celui de la star américaine et mari de Demi Moore, Ashton Kutcher (3,9 millions), de CNN (2,8 millions), de Barack Obama (2,7 millions), de Dell (1,4 millions) et du magazine IT TechCrunch (1,1 million). La grande majorité des profils comptabilisent moins de 50 followers.
Un outil de communication et de marketing qui peut s’avérer efficace
Ce qui n’a pas empêché Twitter de devenir un véritable outil de communication à valeur ajoutée pour les blogueurs et les entreprises qui ont su saisir la balle au bond.
Twitter sert l’activité des blogueurs en leur apportant de l’audience supplémentaire et en leur permettant de rester en contact permanent avec leur lecteurat.
Le site de micro-blogging joue aussi le rôle de “link journalism” en s’attribuant parfois le rôle des médias en délivrant de l’actualité chaude.
Du côté des entreprises, Twitter représente une redoutable arme marketing pour qui sait s’en servir. “Il permet de regarder l’impact sur la Toile de sa e-réputation, d’avoir une meilleur connaissance du marché et de son secteur d’activité et de rester constamment en contact avec ses clients”, argumente Stéphane Distinguin, fondateur et gérant de faberNovel.
A la recherche d’un business model viable
Si aujourd’hui Twitter fédère 25 millions d’utilisateurs, il espère compter, en 2013, pas moins d’un milliard de membres. “Avec un chiffre d’affaires estimé à 400 000 dollars au troisième trimestre et à 4 millions au quatrième trimestre, Twitter doit maintenant établir un modèle économique viable”, souligne Stéphanie Distinguin.
Si le service de micro-blogging compte bientôt proposer des fonctionnalités payantes aux utilisateurs professionnels et peut-être insérer ces prochains mois des publicités sur son site, Twitter a déjà conclu des partenariats avec Google et Microsoft, qui se sont ainsi engagés à intégrer à leur moteur de recherche respectif, en temps réel, les messages laissés par les internautes sur le site de micro-blogging.
Toutefois, faberNovel préconise à Twitter de prendre son temps pour trouver un business model fiable, qui ne décevra par ses membres. “Twitter est encore dans une phase d’apprentissage, et il doit encore profiter des levées de fonds opérées pour tester différentes options lui permettant de définir son modèle économique”, préconise le fondateur de faberNovel.
(source : http://www.itespresso.fr/twitter-reste-un-service-connu-mais-peu-utilise-en-france-32764.html)